Quand on parle de véhicule électrique, le sujet du V2G n’est jamais très loin. Mais en quoi cela consiste et où en est-on de son développement ?

Que signifie le Vehicle-to-Grid ?

En moyenne, la grande majorité des véhicules restent stationnés 6 heures par jour sur un même emplacement réservé, sans avoir pour autant besoin de se recharger en continu sur une si longue période. Le vehicle-to-grid correspond à l’idée d’utiliser les batteries des véhicules électriques pendant ces longues plages de stationnement pour y stocker de l’énergie produite aux heures où la demande est plus faible que l’électricité produite et la réinjecter dans le réseau lorsque la demande est plus forte que les quantités produites.

Les développements et utilisations de ce système pourraient permettre de réguler les flux d’électricité et d’intégrer les énergies renouvelables au réseau en augmentant les capacités de réserve du gestionnaire du réseau national et en permettant, à terme, de supprimer les centrales utilisées durant les pointes de consommation électrique qui produisent de l’électricité très carbonée. Du côté du consommateur, le temps de stockage pourrait être rémunéré et pourraient générer de nouveaux revenus ou du moins une réduction des frais liés à la recharge. Encore faut-il trouver le bon modèle qui sera à la fois intéressant pour le réseau et pour l’utilisateur final. C’est actuellement ce juste équilibre que tentent d’identifier plusieurs projets expérimentaux en cours.

Expérimentations et projets pilotes du V2G

Au sein de l’Union Européenne, 18 projets pilotes en cours ont été recensés par le consortium SEEV4-City. En voici quelques exemples pour mieux illustrer les possibles utilisations du Vehicle-to-Grid.

A Amsterdam, une expérimentation est menée avec une dizaine de participants utilisant des Nissan Leaf et des Mitsubishi Outlander sur des bornes NewMotion équipées de la technologie Vehicle-to-Grid et permettant de réinjecter de l’énergie sur le réseau de leur domicile ou de la ville. Mais comment cela fonctionne concrètement ?

Les bornes sont installées au domicile des utilisateurs qui branchent leur véhicule lorsqu’ils rentrent chez eux. Au moyen d’une application mobile, ils indiquent l’heure à laquelle ils devront reprendre leur véhicule. En prenant en compte le temps qui lui est alloué et l’autonomie qui doit être rechargée, le véhicule alterne entre cycles de recharge et cycles de décharge de façon à réinjecter de l’énergie sur le réseau en fonction des besoins. Ceci est complètement masqué pour l’utilisateur qui récupère son véhicule rechargé à l’heure prévue. A la fin du mois, sa facture est réduite en fonction du stockage qui a pu être réalisé grâce à la batterie de son véhicule.

En France, le pilote GridMotion a été lancé en 2017 pour une période de deux ans. Il vise à établir quelles économies les utilisateurs pourraient réaliser en utilisant un système de charge/décharge de leur véhicule électrique au profit de la stabilité du réseau électrique. Le projet a été mis en place pour observer les utilisations en B2B sur une flotte de quinze Peugeot iOn et Citroën C-Zero et en B2C sur cinquante utilisateurs (Peugeot iOn, Partner Electric, Citroën C-Zero et Berlingo). Afin de pouvoir participer à l’étude, les conditions étaient d’être domicilié en France et de posséder un véhicule électrique des marques Peugeot ou Citroën produits après janvier 2015. Ces pilotes devraient permettre de mieux connaître les opportunités et les limites du V2G. Les premiers résultats sont attendus pour 2019.

Vers une utilisation à grande échelle ?

Pour le moment, le Vehicle-To-Grid reste uniquement expérimental. Cette technologie pourrait représenter de nombreux atouts dans un contexte de généralisation du véhicule électrique. Cependant de nombreuses questions restent en suspens telles que l’adaptation aux mécanismes de marché du réseau national ou le modèle économique qui incitera les utilisateurs à jouer le jeu. Certains scientifiques prévoient aussi l’utilisation des batteries à cette visée en fin de vie des batteries et au titre de leur recyclage.

Les possibilités d’utilisation du Vehicle-To-Grid sont encore à explorer notamment avec les objets connectés et les réseaux des villes intelligentes. Elles commencent à se développer avec l’aide de projets innovants et de réflexions autour des possibilités d’utilisations concrètes mais nous ne sommes encore qu’au début de l’histoire.

Zeplug propose une solution évolutive qui permettra de s’adapter aux évolutions du V2G et sera compatible avec l’intégration de mécanismes d’autoconsommation et de vehicle-to-home (V2H) dans les copropriétés dans lesquelles elle est installée.